ASSEMBLÉE NATIONALE -
PROPOSITION DE LOI ORGANIQUE N° 3267 visant à ériger Mayotte en département
Le 24 janvier 2008
Départementalisation
Un référendum s'annonce
Un référendum sur la départementalisation de Mayotte pourrait être organisé à la demande du Conseil général. En attendant, l'Etat vient de signer un contrat de 548 millions d'euros avec la collectivité territoriale.
Mayotte pourrait bientôt devenir un département © RFO
Alors que la suppression des départements est prônée par Jacques Attali, Christian Estrosi fait entendre un tout autre son de cloche. Selon le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer "les électeurs mahorais pourraient être consultés, conformément à leur souhait et à l'engagement du président de la République", sur la départementalisation "si le Conseil général le demande". Cette consultation interviendrait après les élections cantonales des 9 et 16 mars.
Un long processus
"Si cette évolution était approuvée, elle se ferait de manière progressive et serait conduite parallèlement au développement de l'intégration de Mayotte dans son environnement régional", a précisé le secrétaire d'Etat, qui doit se rendre à Mayotte dimanche prochain. Christian Estrosi a rappellé que "le principe d'un groupe de travail à haut niveau entre la France et les Comores a été arrêté par le Président de la République et son homologue des Comores".
Mayotte continue d'attirer les habitants de l'île soeur d'Anjouan, qui risquent tout, à bord d'embarcations précaires, pour y entrer clandestinement. Les chavirages de ces bateaux provoquent régulièrement des drames humains.
Adrien Giraud demande un ancrage définitif au sein de la République © RFO
Les politiques réagissent
Cette annonce a entraîné de nombreuses réactions parmi les personnalités politiques de l'île favorables à la départementalisation de Mayotte.
Adrien Giraud du groupe Union centriste s'est réjouit de la nouvelle. « Il y a des historiens qui disent que Mayotte est en contre courant de l'histoire. La départementalisation est aujourd'hui demandée par les Mahorais comme une ancrage définitif au sein de la République. Aujourd'hui il y encore des indépendantistes qui croient qu'aujourd'hui nous pouvons rejoindre les Comores. Comment voulez-vous que nous passions de l'abondance à la misère ? » a-t-il demandé.
Le député Modem de Mayotte Abdoulatifou Aly a quant à lui placé ses espoirs dans une participation de masse : « Il faut une majorité la plus large possible pour avoir suffisamment de poids au niveau du gouvernement. Si c'est une majorité très large, il va de soi que le gouvernement sera attentif à nos préoccupations ».
Un contrat de 548 millions d'euros
Par ailleurs, le secrétaire d'Etat a également annoncé la signature d'un nouveau contrat entre l'Etat et Mayotte. Celui-ci prévoit 548 millions d'euros de financements sur sept ans, dont 337 à la charge de Paris.
"Ce contrat de projet permettra de poursuivre les investissements déjà engagés pour donner les bases nécessaires au développement de Mayotte", souligne M. Estrosi dans un communiqué.
"Un effort particulier sera fait en faveur du logement, de l'assainissement des eaux usées et des infrastructures aéroportuaires", précise-t-il.
La piste de l'aéroport de Mayotte doit être allongée pour pouvoir accueillir de gros porteurs et développer le tourisme. La collectivité d'outre-mer, située à deux heures de vol de La Réunion, a par ailleurs engagé de gros travaux pour son port. Le "coeur" du nouveau contrat de projet, qui entend favoriser "un nouveau modèle de développement économique, social et humain", s'articulera autour de cinq axes : "ouverture sur l'extérieur, développement économique et emploi, égalité des chances, aménagement du territoire et développement durable".
Une convention spécifique Etat-collectivité relative aux infrastructures portuaires et une déclaration de l'Etat relative à l'éducation seront joints au contrat
Rfo.fr avec (AFP)