Jeudi 09 Juillet 2009 L'actualité mahoraise
Les banderoles tendues en travers des grilles d'accès à la mairie reprennent les slogans « Intégration dans la fonction publique territoriale de droit commun », « Statut de police municipale », « Meilleures conditions de travail ». Une autre, plus discrète, est rédigée en shimaoré « Ritsahari ritsanané riboirare ». Abou Saïd, le délégué syndical CGT-Ma des employés de la mairie de Chirongui, traduit, avec une certaine gêne : « En gros, ça veut dire qu'on veut que les mahorais soient à égalité de traitement avec les métropolitains ». Si, à Mayotte comme sur le reste du territoire français, il n'y a qu'une grille salariale dans la fonction publique, le statut et le niveau des diplômes influe sur le salaire, ce qui explique que deux personnes effectuant le même travail puisse avoir des bulletins de salaire différents.
« On a demandé à rencontrer les élus depuis quatre semaines et on n'a pas eu de suite » se plaint celle qu'on appelle Madame Ballou, « technicienne de surface à la mairie de Chirongui », insiste-t-elle malicieusement. « Demain, on va monter à l'ancien CFA de Kawéni avec ceux des autres communes pour nous réunir et manifester », dit-t-elle avant d'ajouter, pleine d'espoir « des ministres viennent à Mayotte, on a des choses à leur dire »....
Abou Saïd, délégué syndical CGT-Ma, précise ses revendications. « On veut avoir des assurances sur notre poste. Par exemple, quand on est à l'état-civil, on ne veut pas qu'on nous envoie faire le garde-champêtre dans un autre village ». Il dénonce également le manque d'écoute de la maire de la commune, Roukia Lahadji, élue en mars 2008. « On a demandé une réunion avec la maire, début 2008, on a exposé notre demande, on n'a pas eu de résultat ».
En ce qui concerne les conditions de travail, et le délégué syndical insiste sur ce point, il demande à ce que cessent les pressions des politiques sur leur travail. « Normalement, pour délivrer un extrait d'acte de naissance, il faut que la demande soit faite par l'intéressé ou qu'il signe une procuration. Là, quand un politique arrive, il nous oblige à le faire, il nous dit ''fais ce que je te dis''. Ce n'est pas normal. »
Enfin, les grévistes de Chirongui, comme ceux des autres communes de l'île, demandent à ce que le décret de 2003, applicable depuis 2004 sur l'intégration, le soit enfin. « Il n'y encore eu aucune intégration » regrette encore Abou Saïd qui espère « 2 000 participants à la manifestation de demain » à Mamoudzou.
