MAYOTTE
Pour le sénateur Soibahadine Ibrahim Ramadani, il faut rattraper le décalage avec les autres DOM
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Mercredi 28 Octobre 2009 L'actualité mahoraise
Vote du rapport sur les propositions des Etats généraux de l'outre-mer
Séance extraordinaire de l'assemblée départementale ce matin au sein de l'hémicycle Younoussa Bamana. Il s'agissait pour les élus d'adopter le rapport relatif aux propositions des Etats Généraux de l'Outre-mer à Mayotte. Cet outil est vu à la fois comme une opportunité d'évolution et de développement, tout en gardant une identité propre à chacun des DOM.
Ali Saïd Attoumani, le directeur des affaires culturelles au Conseil général menait le débat, micro en main. Un petit film récapitulant le déroulement des discussions par atelier permit de retrouver Denis Robin, préfet parti comme directeur de cabinet de la secrétaire d'Etat chargée de l'outre mer : « ces Etats généraux sont l'occasion d'une grande richesse d'échange, la preuve, on en discute encore dans la barge... ». Ou Amed Ibrahim Boinahéry, président de l'association des maires de Mayotte : « les Etats généraux sont une opportunité donnée aux populations d'Outre-mer de proposer un modèle de développement en phase avec la population locale ».
Le président du Conseil général, Ahamed Attoumani Douchina a précisé que ce document « serait une référence pour la collectivité et les communes. Nous avons émis 20 propositions qui, nous l'espérons, seront prises en compte lors du Comité Interministériel de l'Outre-mer du 6 novembre présidé par le président de la République ».
Le sénateur Soibahadine Ibrahim Ramadani martelait : « les Etats généraux sont issus de la crise antillaise, mais c'est la conception que l'Etat et le gouvernement se faisaient de l'Outre-mer français qui a été révolutionnée. Ces Etats généraux vont en outre nous aider à construire la départementalisation et seront une base dans notre effort pour réduire l'écart entre Mayotte et les autres DOM ».
Retracer l'histoire de Mayotte française fut le propos du sénateur Adrien Giraud : « A l'époque, le travail n'était pas simple car nous avions 2 francs : le franc comorien qu'il fallait combattre et le franc « Quai d'Orsay » qui était contre Mayotte-Française. Le passage de l'ancien ministre de l'Outre-mer, Pierre Messmer, mal reçu au Comores alors que 10 000 personnes l'attendaient à Mayotte, drapeaux français en main, a pesé son poids. Alors ne jetons pas la pierre comme certains veulent le faire en ce moment de façon sournoise en disant « c'est la faute de la France ». Je vous demande monsieur le président du Conseil général de prendre en main le sort de Mayotte ».
Différents présidents des 8 ateliers se sont exprimés, évoquant notamment le foncier : « La question du foncier et de l'état civil n'a pas été réglée » pour Boinali Saïd, président de la Caisse de Sécurité sociale qui dirigeait l'atelier 4, « et nous avons des difficultés à exporter notre identité, alors que La Réunion ou les Antilles le font », ou la formation des prix : « nous avons demandé que la grande distribution fasse un effort sur ses marges, et d'être accompagné par l'Etat pour contrôler les prix » informe M'Hamadi Abdou qui présidait l'atelier formation des prix.
Mme Anziza Moustoifa, la conseillère économique et Sociale soulignait que « tant que le dossier de l'immigration clandestine ne sera pas retenu comme problème « phare », aucune proposition ne sera parfaitement appliquée à Mayotte ».
Le préfet Hubert Derache concluait la session en commençant par un aparté pour le sénateur Giraud qui l'avait interpelé sur les passeports biométriques : « nous avons mis en place depuis hier la délivrance de ces passeports pour faciliter les démarches des comoriens en situation régulière qui voulaient se rendre à La Mecque. Je voulais que cela se fasse à la Préfecture car c'est une reconnaissance de fait de l'autorité française à Mayotte. Nous en avons délivré une centaine, avant de s'apercevoir que les demandeurs n'étaient pas tous en règle, nous avons rétabli la situation aujourd'hui ».
Et, revenant à la session du jour, « les Etats généraux nous permettent de prendre ce qui a marché dans les DOM en laissant ce qui n'a pas fonctionné. Il faut préserver l'identité mahoraise et sa transmission écrite et je souhaite qu'un Architecte bâtiment de France vienne suivre les constructions de bâtiments ici. Nous devons aussi anticiper dans le transfert des constructions des collèges et lycées, mais aussi des routes nationales, vers le département ».
La partie solennelle qui suivit permit l'adoption à l'unanimité du rapport, synthèse des principales propositions par atelier.
* Formation des prix, circuit de distribution et pouvoir d'achat : Baisse des prix sur une centaine de produits, réglementation de certains tarifs, désenclavement aérien et maritime, saine coexistence entre petit commerce et grande distribution
* Productions locales : réduire notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur en mettant en place un Plan de productions locales et de développement endogène
* Foncier : création d'un établissement Public Foncier, révision du décret relatif à la Zone des Pas Géométrique avec régularisation foncière gratuite
* Développement économique et emploi durable : création d'aides aux entreprises et d'aides à l'emploi
* Dialogue social : évolution du droit du travail et des systèmes de retraite avec alignement sur la métropole
* Formation : scolarisation des enfants de 3 ans, création d'un pôle universitaire et relance du CNAM, revoir les contenus pédagogiques en fonction des cultures régionales
* Insertion régionale : modernisation du port et de l'aéroport, arrivée du câble sous-marin, admission aux Jeux de l'Océan Indien, création d'une communauté hospitalière de l'océan indien
* Identité, culture et mémoire : création d'une Direction Régionale aux Affaires Culturelles, d'un Institut de Recherche sur les Langues et les Civilisations, d'un Centre du Patrimoine